Photo Hommage: Neal
Voilà voilà, je suis revenue de vacances vraiment géniales!
En ce moment Rafa est sur le Central de Monte-Carlo entrain de jouer (diffusion Sport+)!
Buena Suerte!
Maintenant jvais faire un léger hors sujet mais j'en ai besoin, question d'hommage...A Tignes il y avait les championnats du monde de ski Freeride, et un des skieur, Neal Valiton est décédé durant la compétition. J'étais là et je dois vous dire que c'est franchement terrorisant de voir les secouristes s'activer autour du corps inerte de Neal. Il avait 18ans, il était jeune, talentueux, beau et vivait sa passion. Premier mort dans une compétition.
Ci après je vous met un article qui montre ce que tout le monde présent à ressenti et avec quelle émotion.
J'espère vraiment que vous allez lire...
World Tour Freeride - Tignes
Neal Valiton. C'est le nom du jeune suisse de 18 ans décédé pendant la finale du World Tour à Tignes. C'est aussi le premier homme que je vois mourir. En direct. J'utilise le "je" car ce qui s'est passé mercredi 11 avril est devenu une affaire personnelle, intime même, pour tous ceux qui étaient présents au pied de la face de Grande Balme. Nous avons vécu la mort de Neal à la première personne du singulier. Nous avons tous avalé son nom comme une cuillerée de plomb impossible à digérer.
La musique s'assourdit étrangement à l'annonce de l'annulation de la compétition. Le décès de Neal n'est pas annoncé officiellement, mais il est sous entendu dans la voix cassée de Sergio, le speaker. Le vent qui ronflait depuis le matin au départ se tait mystérieusement. Le ciel d'un bleu pur vire au grisâtre. Le soleil devient agressif. Ce n'est jamais un beau jour pour mourir.
Dans ces moments-là on se prend à ressortir des vieux clichés sur la vie, sur la mort. On pense que la faucheuse peut nous reprendre à tout moment, sans prévenir. On pense que la vie est bien fragile. On pense "carpe diem". Et c'est bien la seule fois où les clichés sont utiles : ils parlent quand on ne peut que se taire.
Les visages du public tournent sur leur tige comme des tournesols perdus sans soleil : vers le sol, puis vers la montagne, puis vers les quatre pisteurs qui s'activent autour du corps sans vie de Neal, sur ses mains puis vers son voisin... Il n'y a rien à dire et pourtant il faut continuer à communiquer, alors on se regarde dans les yeux, on se met une main sur l'épaule.
Neal est tombé tout en haut de la face, sur son premier saut, un rocher de 5 ou 6 mètres où la chute est interdite. C'était la ligne de Guerlain, celle qui devait le sacrer, pour la quatrième fois, champion du monde de freeride. Une victoire quasi assurée en guise de couronnement de sa carrière de skieur. On ne sait pas très bien ce qui s'est passé "on ne saura sûrement jamais", dit Guerlain. "Il s'est brisé les vertèbres cervicales sur sa première chute", précise le directeur du service des pistes, Jean-Louis Tuaillon, lors de la macabre conférence de presse.
Ensuite son corps sans vie a glissé mollement avec une petite coulée jusqu'en bas de la face. Il a sauté quelques barres rocheuses et s'est finalement arrêté, après avoir tracé un long sillon dans la neige chaude. "Bouge, mais bouge !" hurle David Allemoz dans la zone d'arrivée en empoignant ses jumelles. "Bouge !". Neal ne bouge pas.
Un pisteur est déposé en hélicoptère en moins d'une minute, puis un second puis un troisième. On commence à sentir que c'est grave, très grave. On parle de massage cardiaque. Le temps est suspendu. Les pisteurs changent de canal sur leurs radios. Dino, l'organisateur, a le visage sombre, il traverse lentement une piste où les vacanciers glissent et rigolent dans la soupe printanière sans se douter de rien pour rejoindre la tente des juges et prendre la décision qui s'impose. L'EC 145, l'hélicoptère des secours, arrive et dépose trois nouvelles silhouettes, dont un médecin qui stoppe, au bout de 30 minutes d'efforts, les tentatives de réanimation. Neal Valiton est mort dans la face de Grande Balme, sous le regard d'une bonne centaine de personnes et des 4 caméras de la production braquées sur lui.
La nouvelle de son décès est annoncée l'après-midi même sur France Info, sur France Inter, ce jeune suisse mort lors d'une compétition de freeride, "dans un itinéraire hors-piste constitué de 500 mètres de dénivelé et d'une pente à 50%". Le soir, France 3 diffuse son reportage. Le lendemain, jeudi, ils en rajoutent un sur les dangers du freeride. La machine à lieux communs est en route. Mais leurs images s'évaporent, elles ne font pas le poids face à celle-ci, celle que les téléspectateurs ne verront pas : celle du caméraman de France 3 qui filme le père de Neal Valiton, à deux mètres, alors que Dino vient juste de lui annoncer la mort de son fils.
Ce mercredi 11 avril devait être le sacre de Guerlain. Une grande fête était prévue au Lagon, "pensez au maillot de bain". Guerlain devait nous faire frémir avec une ligne éclatante. Il devait être la star de la journée. A la place, sa voix brisée devant les caméras porte celle de tout le petit monde du freeride et du ski. Ses mots se frayent un passage difficile vers l'extérieur, voudraient rentrer se terrer dans le bide : "personne ne nous oblige à prendre le départ d'une course freeride. Nous sommes conscients des risques que nous prenons. Je connaissais bien Neal, c'était un skieur expérimenté". Sa voix porte la nôtre, la mienne, toujours nouée autour de ce nom : Neal Valiton.
Guillaume Desmurs
Hasta Siempre Campeón, Hasta Siempre!
...Toujours Dans Nos Coeur...
Leslie